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Askafor - forêt gibier
14
Nov

Quelles pratiques pour restaurer l’équilibre forêt-gibier ?

Découvrez les études de cas menées par AgroParisTech en France, Wallonie, Sarre et Rhénanie-Palatinat sur la chasse et l’équilibre faune-flore.

Dans un contexte de changement climatique et d’invasions biotiques qui mettent en péril les forêts européennes, assurer leur pérennité passe notamment par notre capacité à garantir le renouvellement forestier. Or, cette capacité de renouvellement est aujourd’hui compromise dans de nombreuses forêts, les surpopulations d’ongulés constituant un grand facteur de pression.En analysant les sites où l’équilibre faune-flore a été rétabli et est aujourd’hui satisfaisant, et en réalisant des entretiens avec les acteurs concernés, le rapport identifie les actions mises en œuvre pour parvenir à ce résultat. Elle fait ressortir les bonnes pratiques susceptibles de contribuer à l’amélioration de la situation et formule des propositions pour une meilleure gestion de l’équilibre faune-flore.

Retrouver le rapport complet sur askafor.eu ou directement sur notre site

Résumé rapide

Dans un contexte de changement climatique et d’invasions biotiques qui mettent en péril les forêts européennes, assurer leur pérennité passe notamment par notre capacité à garantir le renouvellement forestier. Dans certaines forêts, ce renouvellement est aujourd’hui compromis par une surpopulation d’ongulés constituant un facteur de pression.

Afin d’identifier des pratiques favorables au rétablissement/au maintien de l’équilibre forêt-gibier15 sites ont été analysés au travers d’entretiens avec les chasseurs et forestiers. Tous les sites présentaient une situation d’équilibre faune-flore satisfaisante vis-à-vis des objectifs sylvicoles et elle est durablement rétablie (situation initiale dégradée).

De l’avis des gestionnaires, si la restauration de l’équilibre forêt-gibier a été un succès sur leurs territoires, c’est avant tout parce que les populations d’ongulés ont fait l’objet d’une gestion intégrée : selon eux, et de l’avis également de divers acteurs régionaux, la gestion cynégétique et la gestion sylvicole doivent être étroitement associées afin que la chasse et la gestion sylvicole se prennent mutuellement en compte. Sur les sites étudiés, en accord avec la volonté du propriétaire, une priorité claire est donnée aux objectifs sylvicoles : la pratique de la chasse est donc encadrée dans l’objectif de les atteindre.

Toutefois, il faut noter que les objectifs affichés ici sont ‘’raisonnables’’ : il s’agit de pouvoir régénérer naturellement et en quantité suffisante les essences présentes (y compris les plus appétentes, comme le chêne et le sapin), ainsi que de pouvoir effectuer des opérations d’enrichissement en respectant des précautions élémentaires telles que la plantation dans le recrû. Il ne s’agit pas, par exemple, de rechercher à pouvoir éviter tout dégât sur des plantations en plein, d’essences appétentes et issues de pépinière sans protection.

Au contraire, la présence des animaux est prise en compte lors des plantations, travaux, etc, afin de réduire le risque de dégâts.

Les démarches adoptées par les sites ont été similaires : augmentation des prélèvements de façon significative grâce à la mise en place de pratiques efficaces : traque-affût remplaçant la battue classique principalement, mais aussi mise en place de la chasse à intervalles et de pratiques individuelles efficaces : affût collectif, affût approche combinés. Ces pratiques de chasse sont non seulement efficaces, mais aussi défendues comme ‘’éthiques’’ par les gestionnaires car causant moins de stress aux animaux et permettant de limiter fortement le nombre de blessés. Elles permettent aussi une meilleure cohabitation entre chasseurs et autres utilisateurs de la forêt, par la limitation du nombre de jours de chasse et des pratiques plus discrètes. Elles sont enfin (notamment la traque-affût) très favorables à la sécurité. Elles répondent ainsi aux différents défis que rencontre la chasse aujourd’hui.

La mise en place d’une chasse « pour la forêt » ne s’est pas faîte au détriment des chasseurs : les prix ont été diminué, la priorité donnée aux chasseurs locaux, des aménagements mis en place pour faciliter la pratique de la chasse et la rendre agréable, une attention particulière donnée à la convivialité. Si le nombre de jours de chasse collective est diminué, les tableaux de chasse réalisés en une journée, eux, ont largement et durablement augmentés. Cela a permis la mise en place et le maintien d’équipe de chasse motivées, prêtes à accepter les décisions du gestionnaire. On notera que, si sur les sites étudiés, le rétablissement de l’équilibre forêt gibier s’est accompagné d’une reprise en régie de la chasse, cela pourrait ne pas être nécessaire dans le cas où adjudicataires et gestionnaires réussissent à s’entendre : un exemple positif en ce sens est à observer à Avallon, où une société de chasse nouvellement créée (et chassant en traque-affût) défend la pratique d’une chasse pour la forêt, basée sur le suivi de l’équilibre faune-flore via les ICE et sur des échanges fréquents avec le gestionnaire. Les résultats obtenus par des sites ayant mis en œuvre la méthode Brossier-Pallu [7] seraient également intéressants à observer (non étudié ici car très récents). La mise en place de nouvelles pratiques, d’aménagements en faveur d’une chasse efficace, de pratiques visant à réduire le risque de dégâts, l’encadrement des chasseurs : tout cela nécessite de solides connaissances et compétences qui, selon les acteurs interrogés, font aujourd’hui défaut à bon nombre de gestionnaires forestiers. Davantage de connaissances sur la biologie et l’éthologie du gibier et sur les pratiques de chasse seraient indispensables à de nombreux forestiers mais aussi aux élus, naturalistes… De même, il apparait que les connaissances concernant le fonctionnement des écosystèmes forestiers, mais aussi la biologie des animaux, leurs impacts sur le milieu, les pratiques de chasse efficaces, voire le réglage des armes et le tir font défaut à nombre de chasseurs, notamment parce que certaines de ces connaissances sont à peu abordées lors de la formation à l’examen du permis de chasser. Davantage de formation, par des professionnels, semblerait donc indispensable et permettrait la mise en place de dialogues constructifs. De tels professionnels, disposant de connaissances pointues sur la chasse, la biologie du gibier et sur les écosystèmes forestiers et la sylviculture, sont malheureusement rares.


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